Les origines du haïku
Aux origines de la poésie japonaise, on trouve le waka (vers VIIIe siècle) composé de cinq vers de 5 et 7 syllabes. Mais par manque d'inspiration des poètes au fil des siècles, le XVe siècle voit l'apparition du renga qui permet aux poètes d'unir leurs idées en concoctant des poèmes de 100 versets, composés alternativement de 14 ou 17 syllabes. Cette forme est détournée un siècle plus tard en haïkaï, parodie du renga qui introduit humour et même vulagarité. Le premier verset du renga et du haïkaï se nomme le hokku, trois vers qui vont devenir une forme poétique à part entière : le haïku.
Comment faire un haïku
- composé de 17 syllabes réparties en 5/7/5, sur trois colonnes (trois lignes chez nous...) et ne comporte parfois que quelques mots = le but : véhiculer une émotion forte.
- le poème doit absolument comporter un kigo, mot qui fait référence à une saison (printemps, neige, hirondelles, bourgeon...)
- décrire un phénomène vécu sur le moment, une émotion ou une description faite sur le vif
Le haïku aujourd'hui
Ce poème a perduré dans le temps de manière impressionnante. Les adeptes occidentaux ont trouvé un grand plaisir à mettre en lignes leur inspiration et, chez les Japonais, le haïku fait toujours partie des paroles de sagesse et d'expression d'observation de la nature ou de soi, que certains journaux nippons publient régulièrement.
Cependant le nombre de syllabes n'est pas toujours scrupuleusement respecté et on peutvoir parfois une absence de kigo... Le rapport à la nature n'a plus rien à voir avec ce qu'il était il y a trois ou quatre siècles. Il n'est plus si évident maintenant de désigner une saison par un seul terme, hormis quelques récurrents qu'on se lasse vite d'utiliser !!!
Quelques haïku célèbrent
asagao ni
tsurube torarete
moraimizu
(Pris dans les volubilis, le seau du puits, je dois aller demander de l'eau aux voisins)
* La poétesse Kaga no Chiyo du milieu de l'ère Edo (1703-75)
yare utsuna
hae ga te wo suru
ashi wo suru
(N'écrasez pas les mouches. Ne vous demande-t-elle pas pardon en gesticulant des pattes avant et même des pattes arrière)
* Kobayashi Issa (1763-1827)
suzumenoko
sokonoke sokonoke
ouma ga tooru
(Poussez-vous les petits du moineu, le cheval passe, c'est dangereux)
* Même poète que le ha¨ku précédent.
¤sources :
Planète Japon n°4 p. 66 (mars-avril-mai 2006)
Kuwara Koji,
Parler japonais. Le Japon présenté en français & japonais, Paris, 2007